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Depuis
plusieurs semaines le Journal de Québec, de concert avec le FM
3.3,(une station radiophonique de Québec) a entrepris de
dénoncer une série de dépenses du gouvernement Charest d’autant
plus injustifiées, scandaleuses et franchement irritantes pour
les contribuables que celui-ci leur demande de payer plus de
taxes et d’impôts après avoir laissé les finances publiques à la
dérive au cours des cinq dernières années. En pleine crise
financière ce gouvernement continue de se conduire comme
l’affairiste qu’il a toujours été. Il est incapable de mettre un
frein aux bonis faramineux aux dirigeants et cadres des sociétés
«dites» d’État qui n’ont de concurrents qu’elles-mêmes, aux
sessions de formation qui versent dans la zennerie, aux
subventions tous azimuts aux amis du régime (entre autres «pour
une occupation dynamique du territoire »), aux montages
financiers, dignes de Madoff, pour créer des chaînes de
garderies comme s’il s’agissait de restaurants Tuscanos, sous la
bienveillante direction du Ministre de la Famille (Tony Tomassi),
ancien candidat
du Parti conservateur dans Saint-Léonard-Saint-Michel (1993)…
Le même
quotidien a bien tenté récemment
d’ajouter l’équité salariale à la liste -- «L’équité
salariale coûte plus cher »1
«La Loi
sur l'équité salariale prévoit que toutes les entreprises de
10 salariés et plus doivent s'y conformer avant le 31décembre
(…) L'organisme
a lancé une tournée
provinciale où environ 2
000
entreprises se sont inscrites
à
des activités gratuites. Son budget a gonflé depuis deux
ans.
Pour l'exercice 2010-2011, les crédits sont montés de 13
%
par
rapport à l'exercice précédent,
s'établissant
à 7,76
millions
de
dollars,
selon les chiffres du Conseil
du Trésor. (…)
Selon les chiffres
de la Commission
le
défi
est immense.
En 1996- 1997,
on
calculait
que 45 000 entreprises
devaient faire un exercice
de révision
menant
à des
salaires égaux
pour des tâches égales.
En
2006, environ une sur deux l'avait fait. (…) L'organisme
s'est attelé à la tâche. Il a formé près de 8 000 personnes en
un an au moyen de conférences et d'autres
événements. Le
site Internet reçoit jusqu'a 15 000 visiteurs
par mois(…) Françoise
Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce
du Québec, a toutefois des inquiétudes à propos des coûts.
Il y a deux choses dont il faut tenir compte, soutient-elle. Il
y a ce que çà coute en équité salariale et en rétroactivité.
Mais il y a aussi il y ce que çà va coute en réunion, actuariat
et autres. Le problème est là.
La
démonstration aux cinq ans du maintien de l'équité est ce qui la
dérange. « Une simple
déclaration quinquennale sur l'honneur indiquant que, oui, mon
entreprise respecte toujours l’équité salariale aurait suffit.
C’est le principe de la déclaration d’impôt.»
Johanne
Tremblay,
porte-parole
de
la Commission
de l'équité salariale,
n'a pas la même impression.
Selon
elle,
une
petite entreprise peut
respecter la loi sans y consacrer
trop de temps. « On parle de
35 à 40 heures pour faire l'exercice
d'équité
salariale.
Une entreprise
qui
s'y
mettrait
en septembre ou en
octobre
pourrait y arriver
(avant
Ie
31decembre).
» Mme
Tremblay
ajoute
que Québec
fait
preuve de davantage
de flexibilité
qu'auparavant.
Au
départ,
on demandait
aux entreprises
de s'ajuster
continuellement
aux réalités
qui peuvent bousculer
l'équité.
« Je dirais que le législateur
a répondu
aux commentaires
en donnant
quelque chose
de
plus
favorable
aux
employeurs.
Son
hypothèse
est que le maintien
de
l'équité
sera une pratique
courante
»,
dit-elle.
«
Cette
disposition-là
ne satisfait
pas les salariés
et
syndicats,
précise
la porte-parole.
Pour
les
-employés,
le maintien
aux
cinq
ans peut dire qu'une fois
l'équité atteinte, des
changements peuvent
rapidement
l'éliminer
et
la correction
viendra seulement cinq
ans plus fard.»
Commentaire
1-
Malheureusement, le Journal a commis l’erreur de confier le
dossier sans doute à une journaliste qui, manifestement, ne
comprenait rien à la question sauf que c’était une mesure
féministe et que, comme telle, elle ne devait pas être
critiquée dans notre société féminimystifiée. Lorsqu’elle
assimile l’exercice à une révision menant à des salaires
égaux pour des tâches égales – elle confirme qu’elle n’a
rien saisi. En effet, toute l’astuce de cette loi consiste à
obliger l’employeur à accorder une rémunération égale à des
femmes lorsqu’elles forment 60% d’une catégorie d’emploi dont
les tâches peuvent être considérées comme équivalentes à
celles qu’exercent des hommes qui forment 60% d’une autre
catégorie d’emploi…mieux rémunérée. C’est pourtant simple à
comprendre et surtout très intelligent quand on sait qu’une
catégorie d’emploi peut être unique en son genre dans une
entreprise.
2-
La même journaliste, au lieu d’aller visiter des PME auxquelles
on impose une démarche lourde et inappropriée pour connaître les
vrais dommages que cette mesure occasionne se contente de
prendre le témoignage de la porte–parole de la Commission qui
se vante, en plus, d’avoir obtenu un budget accru. Elle ne
s’étonne pas que le gouvernement ait accru le budget de 13%
pour la moitié des entreprises alors qu’elle s’était
débrouillée sans cette hausse pour l’autre moitié. Alors qu’il
avait la chance de mettre un terme à une opération insensée le
gouvernement Charest, qui a déjà gelé durant deux ans la
rémunération des employés masculins des secteurs public et
parapublic pour défrayer les paiements d’équité salariale aux
employés féminins (c’était de leur faute a dit alors Monique
Jérôme- Forget si les femmes étaient moins bien payées ), il
s’est enferré encore davantage. Ainsi, au cours du prochain
millénaire une femme ne pourra jamais être moins bien payée que
l’homme le mieux payé pour une tâche équivalente mais
l’homme, lui, est et pourra être moins bien payé. Bravo Jean
Charest- pas d’enquête là-dessus non plus.
3-Nous
avons, à de multiples reprises, démontré que la Loi sur l’équité
salariale est une pure idiotie.2 Mais lorsque l’on
constate que même les savants économistes,
MM. Pierre Fortin, Robert Gagné, Luc Godbout et Claude
Montmarquette,
qui ont rédigé «Le Québec face à ses défis», un essai dans la
pure tradition de l’économie libérale destiné à éclairer notre
ministre des Finances, n’ont pas eu le courage de dénoncer
cette mesure farfelue, on doit conclure que la doctrine
féministe est non seulement la religion au-dessus des religions
mais qu’elle est même au dessus de la science. Comment
peuvent-ils accepter que le gouvernement, par cette loi, fixe
directement la rémunération des femmes et indirectement la
rémunération de tous les employés au Québec sans être heurtés
par une intervention étatique que même les régimes communistes
ont rejetée ? Et dire que ce sont ces mêmes personnes qui
critiquent sans doute certains conservateurs américains de
vouloir que la bible supplante la théorie de Darwin. La seule
explication d’un comportement aussi minable est que ces
universitaires chevronnés sont prêts à toutes les bassesses
pour ne pas mettre en péril de futures lucratives commandites.
4-
Si l’on ajoute à cela que la Fédération des Chambres des
Commerce a renoncé à combattre sérieusement cette loi parce
qu’elle est présidée par une femme, plus solidaire de son genre
que de son industrie, on comprend que le Québec est décidément
très pauvrement gouverné. Les commerçants qui ont voté pour
Françoise Bertrand doivent maintenant comprendre à quoi mène
la soi-disant ouverture d’esprit dont on dit qu’ils doivent
faire preuve. L’expression se faire cocufier a plus d’un sens.
5-
Nous
parions 5$ qu’au cours de la réunion spéciale du Conseil des
ministres convoquée dans la semaine du 26 avril pour amener les
ministres à proposer des coupures budgétaires à la hauteur de 6
milliards de dollars il ne sera même pas fait mention de cette
Loi sur l’équité salariale qui de, 2001 à 2010 aura coûté 8
milliards aux contribuables dans les seuls secteurs public et
parapublic, et qui va occasionner des déboursés de la même
envergure dans les années à venir tout en grevant les PME d’une
charge que n’ont pas à supporter leurs concurrents parce que la
Loi québécoise sur l’équité salariale est un autre de ces
merveilleux «choix de société», une autre avancée féministe
unique en Amérique du Nord. Mais quand est-ce que l’on va
cesser de se tirer dans la tête? Il faut vraiment prendre les
Québécois pour des demeurés pour croire qu'ils ont apprécié le
fait que les ministres avaient porté le jean lors de cette
réunion spéciale. Celui a pensé à cette mascarade et ceux qui
ont accepté de la jouer ont sérieusement manqué de respect que
de respect envers ce peuple auquel ils prétendaient vouloir
ressembler.
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(1)
Le
Journal de Québec, 14 avril 2010 p.46
(2) Voir notre ouvrage
«La discrimination positive »annoncé sur ce site
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