Au Québec, la pièce «Trois heures du matin» mettant en vedette Ti-zoune et Manda, est considéré
comme un classique du théâtre burlesque 1. Le règlement de la crise financière du gouvernement
libéral par Raymond Bachand et Monique Gagnon-Tremblay mérite d’être considéré dorénavant comme
un classique de notre vaudeville politique 2 L’analogie s’arrête là car si, dans le premier cas, Manda se
faisait duper par Ti-zoune, dans le second cas ce sont les contribuables qui se font possédés par nos
deux comédiens politiques. En effet, ce que ces derniers présentent comme une œuvre
d’assainissement des
finances publiques devrait plutôt s’appeler un «assaisonnement
des finances publiques», car il s’agit essentiellement d’un
mélange salé de champignons magiques et d’herbes pas trop fines
qui vont certainement purger les payeurs de taxes de nombreux
millions de dollars mais qui ne guériront pas le trésor public
de son obésité, la cause même de la crise.
1- L’État de situation
Dépenses totales en 2010-2011- 69,541 milliards $ Revenus
65 477milliards
Déficit 4 506 Milliards
Dette brute 160 117 Milliards
2- La politique du gouvernement
Atteindre l’équilibre budgétaire en 2014 = c'est–à- dire
- Déficit = 0
Impasse = 12,3 milliards
Le gouvernement a un plan pour éliminer 90% de ce manque à
gagner soit, 11,2 milliards
de 2010 à 2014 Ce plan distingue :
L’effort des contribuables
= 4,3 milliard$ = 38%
L’effort du gouvernement
= 6,9 milliards = 62% dont 695 millions en 2010
Monique Gagnon-Tremblay «Le
gouvernement a déjà atteint la moitié de son objectif donc
6,9 milliards
par des «prévisions» de réductions de dépenses
= 2,9% en 2010, 2,8 % en 2011, 2,2 % en 2013 et 2,2 % en 2014.
(Le Journal de Québec 7 juin 2010 p. 4)
C-Au
départ, nous l’avons l’exemple parfait d’une tromperie…déguisée
en énoncé technique. Raymond Bachand et Monique Gagnon-Tremblay
prennent vraiment le citoyen ordinaire pour une sardine quand
ils distinguent l’effort des contribuables de celui du
gouvernement alors que ce sont seulement les premiers qui payent
tout de leurs poches, y compris le salaire des ministres. Il
ne faut donc pas s’étonner si le reste de «l’information
gouvernementale» soit aussi vicié par des demi-vérités ou même
des contre-vérités.
Un
gouvernement qui résume sa contribution à une prévision de
réduction de 2% de la croissance de ses dépenses durant 4 ans
ne donne certainement pas le coup de barre qu’ont donné les
gouvernements pris avec des dettes importantes (Espagne,
Irlande) ou des gouvernements rigoureux comme ceux du Royaume-
Uni et de l’Allemagne. En fait, au lieu de prévoir dépenser
73,33G$ en 2013-2014. il prévoit ne dépenser que 66,69G$ - il
considère qu’il aura, alors, réalisé des économies de 6,65G$.
(Le Journal de Québec 5 juillet 2010 p. 4). Nous sommes certains
que le citoyen ordinaire qui se présenterait à la banque avec
de telles prévisions serait invité à faire un pèlerinage à
Ste-Anne. Enfin, cette présentation sous-estime la contribution
des citoyens et surestime l’effort de réduction des dépenses
fait par le gouvernement.
Bref,
ce gouvernement réussit l’exploit de tromper l’électorat autant
par ce qu’il dit que par ce qu’il cache
3-
Identification des coupures de dépenses
Le Discours du Budget (B) 2010-2011 et Le projet de loi no 100 «DISPOSITIONS DU DISCOURS SUR
LE BUDGET DU 30 MARS 2010 ET VISANT LE RETOUR À L'ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE EN 2013-2014
ET LA RÉDUCTION DE LA DETTE »
Selon le communiqué émis par le gouvernement il y aura :
(1) (B) Gel pour deux ans du salaire du premier ministre, des ministres et des députés pour deux ans;
économie ?
(2) (B) Gel de la masse salariale de la fonction publique de 2010 à 2013, économies ?
(3.1) (B) Suspension pour 2 ANS des primes au rendement à l'ensemble des gestionnaires 2010-2011
et 2011-2012 Cadres des ministères et organismes, établissements publics de santé, de services sociaux
et d’éducation, universités, SAQ, et dirigeants d’organismes = 14 000 gestionnaires= économies 68 millions $.
(3.2) Effort comparable demandé aux sociétés d'État à vocation commerciale et financière, soit Hydro-Québec,
la Société des alcools du Québec, Loto-Québec, la Société générale de financement du Québec et
Investissement Québec.= 2 375 gestionnaires = économies 18 millions $ La Caisse de dépôt et placement
du Québec n'est pas visée par le projet de loi. Les bonifications des hauts dirigeants de ces sociétés seront
réduites de l'équivalent de 10 % de leur salaire de base, alors que, pour les autres cadres, leurs bonifications
seront réduites globalement de 30 %. :
(4) (B) Réduction des effectifs du personnel d'encadrement et administratif des organismes des réseaux
de la santé et des services sociaux et de l'éducation ainsi que des universités, selon des règles similaires
à celles appliquées par le Conseil du trésor pour réduire les effectifs de la fonction publique à la suite des
départs à la retraite (1 poste comblé sur deux), économie ?
(5) (B) Réduction de 25 % des dépenses de publicité, de formation et de déplacements et réduction de 10 % des
dépenses administratives en 2010-2011= économies de 34 millions$
(6.1) Une réduction de 10 % des dépenses de fonctionnement de nature administrative en 2013-2014. Cette
mesure permettra des économies à terme de 229 millions de dollars par année.
Le gouvernement annonce aujourd'hui qu'il élargit cette mesure aux réseaux de la santé et de l'éducation, ce qui
procurera des économies additionnelles à terme de 110 millions de dollars par année. C'est donc dire qu'en
2013-2014, les économies réalisées seront de 373 millions de dollars. Ces mesures s'étendront aux autres
organismes de l'Administration.
(6.2) Les efforts des sociétés d'État de réduire leurs dépenses et d'augmenter leur productivité.
(Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des alcools du Québec) devront atteindre 350 millions de dollars
en 2013-2014. S'y ajoutent des économies additionnelles de 180 millions de dollars en 2013-2014 demandées
aux autres organismes publics, pour un grand total de 530 millions de dollars.
(7) Révision et examen des programmes gouvernementaux; économie ?
(8) Abolition, transfert ou fusion de 28 organismes ou fonds en 2013-1014 Les organismes visés sont les suivants :
- le Conseil consultatif du travail et de la main-d’œuvre, dont les activités seront intégrées au ministère du Travail;
- le Conseil des relations interculturelles, dont les activités seront intégrées au ministère de l'Immigration et des
Communautés culturelles;
- le Conseil de la science et de la technologie, dont les activités seront intégrées au ministère du Développement
économique, de l'Innovation et de l'Exportation;
- le Conseil des aînés et le Conseil de la famille et de l'enfance, dont les activités seront intégrées au ministère
de la Famille et des Aînés;
- le Conseil permanent de la jeunesse, dont les activités seront intégrées au ministère du Conseil exécutif;
- le Fonds du service aérien gouvernemental, dont les activités seront intégrées au Centre des services partagés
du Québec, qui relève du ministère des Services gouvernementaux. «Pour ces six organismes, le budget alloué en
2010-2011 est de l'ordre de 6 millions de dollars. Le gouvernement pourra ainsi économiser près de 2M$, soit 33 %
du budget total alloué».
Grand total des économies chiffrées = 1 milliard, 025 millions et non pas 6,9 milliards$.
Commentaire
A- Sur la base de ces seules informations le citoyen n’est pas en mesure de confirmer les calculs du ministre
des Finances et, conséquemment, de croire que le gouvernement sera en équilibre budgétaire en 2013-14.
B- Théoriquement, en 2014, il n’aura réussi qu’à éliminer le déficit. En fait, il va augmenter de 200 M$ entre 2010
et 2011 En d’autres termes les réductions de dépenses ne seront pas assez fortes pour commencer à réduire
la dette. Pourtant les gouvernements du G-20 se sont engagés à réduire leur dette d’au moins la moitié d’ici
2013, forcément par des réductions de dépenses et l’élimination du déficit. (Le Soleil 28 juin 2010 p. 7)
C’est vrai que le gouvernement libéral du Québec n’est pas un gouvernement national; c’est au seul
gouvernement fédéral Conservateur d’être responsable;
C- À vrai dire, nous avons plusieurs raisons de croire que même les réductions de dépenses qui sont
mentionnées ne se réaliseront pas :
C1.-Au chapitre de la rémunération.
C.1.1. Le gel dans la fonction publique est évidemment un mensonge éhonté. Le 25 juin 2010, le gouvernement
était tout fier d’annoncer une entente historique de 5 ans sur la rémunération avec les centrales syndicales qui va
accorder des hausses salariales minimales de 6% et maximales de 10,5% sur cinq ans (0,5 -0,75%-1%- 1,75%-2%)
+1% (la 5ième année) si l’inflation est plus forte que les hausses, PLUS un autre 3,5 % au cours des 3 dernières années
si la hausse de produit intérieur brut dépasse 8,% après 2 ans,12,7% après 3 ans et de 17% après 4 ans- Il s’agit de
la clause dite de «croissance économique»,un précédent historique. soit 2,7 milliards - c’est-à-dire 400 millions de plus
que ce qu’il avait annoncé comme étant son cadre de négociations.(Le Soleil 26 juin 2010 p.6). Personne n'a expliqué
à Mme Gagnon -Tremblay 3 qu'aucune entreprise n'est en mesure de garantir à ses employés, dans une convention
collective, un pourcentage déterminé de la hausse de la croissance
économique pour la simple raison que ce ne sont pas tous les secteurs qui progressent au même rythme; le marasme
récent qu'a connu le secteur automobile aurait dû faire comprendre à Manda que son précédent est une erreur monumentale
et un privilège indu pour ceux qui ont déjà la chance de travailler dans le secteur public. De plus,comme l’a noté Nathalie
Elgrably-Levy, le gouvernement va ainsi payer deux fois l’inflation parce que celle-ci est déjà comptabilisée dans le PIB
nominal ou monétaire (vs PIB réel) – C’est une trahison, dit-elle, parce que ce sont les 3,8 millions de travailleurs qui
vont défrayer ce pactole à ces 12,5% de privilégiés du secteur public. (Le Journal de Québec 2 juillet 2010 p.16). Quand
on sait que les salaires comptent pour 60% du budget, c’est évidemment toute la réduction des dépenses qui est
une chimère.
C.1.2- Ce gouvernement, foncièrement janusien, omet de mentionner le coût des paiements de l’équité
salariale féministe
qui vont s’ajouter aux hausses salariales mais pour les femmes seulement, car, voyez-vous, cette équité est un
droit «non négociable». Or, tout le monde sait qu’il s’agit la pire escroquerie sociale-démocrate jamais inventée dont l’unique
justification est le racolage électoral des femmes que le lobby féministe a qualifiées de victimes de l’économie de la libre
entreprise, comme les Céline Dion, Oprah Winfrey, Liliane Betancourt etc.
C2- La réduction de l’effectif est un autre mirage si ce n’est parce que le gouvernement vient aussi de convenir avec les
centrales syndicales de «régulariser» le statut de milliers d’occasionnels (appelés «faux occasionnels») lesquels ont
généralement été recrutés par les cabinets ministériels. Donc plus de fonctionnaires libéraux, plus de cotisations syndicales
et tout le monde il est content.
C3- La réduction en 25 % des dépenses de publicité sera vraisemblablement compensée par une augmentation du
coût des commandites aux fidèles agences.
C4- La réduction de 10% des dépenses de fonctionnement est présentée comme un «effort du gouvernement ».
Le Journal de Québec (5 juillet 2010p. 2) présente cette réduction selon l’analyse de Louis Charbonneau , comptable agrée:
(a) dans les ministères et organismes 2013-2014 = 6 649 M$ total 2010-2014 = 15 359 M$
(b) dans les organismes publics 2013-2014 = 530 M$ total 2010-2014 = 1 215 M$
Grand total 2013-2014 = 7 179 M$ total 2010-2014 = 16 574 M$.
Toutefois le gouvernement soustrait un financement
additionnel des établissements de santé 2013-2014 = - 1 445M$ - total 2010-2014 = - 3 195M$
Ce qui donne un total net de 5 734 M$ 13 379M$
De sorte que l’effort total du gouvernement serait de 46,29% 44,15%
Il faut savoir que le 1 445 M$ (2013-14) provient du 945M$ qui sera prélevé à titre de la «contribution santé » et du 500M$
à titre de «ticket modérateur» (même s’il n’a pas été accepté officiellement). Comme ce sont des sommes qui déjà incluses
dans le 6 649 M$ des réductions de dépenses des ministères et organismes et qu’il s’agit manifestement de l’argent neuf
qui sera prélevé auprès des contribuables le ministre Bachand est obligé de les soustraire en ajoutant une ligne négative.
« Il faut que çà balance c'est la loi de la finance »
Pour boucler le tout, Charbonneau, observe que le ministre a sous-estimé le rendement de la TVQ sur 3 ans d’un montant
global de 995 millions, ce qui contribue évidemment à faire monter «la part de l’effort gouvernemental. Pas étonnant qu’il
mette en doute la crédibilité de l’opération, du ministre.
En fait, tout cet exercice nous semble être un autre leurre. Primo, le gouvernement a déjà annoncé que ses priorités
étaient la Santé et l’Éducation - donc intouchables- ces deux secteurs, à eux seuls, consomment la moitié du budget.
Secundo, dans ces deux secteurs, il a déjà convenu avec les syndicats de conditions de travail qui ne peuvent que
hausser les coûts de la prestation de ces services : réduction du nombre d’élèves par classe, embauche de plusieurs
spécialistes; primes aux infirmières, 36 heures de travail pour ces dernières et la FIQ n’a toujours pas accepté les offres,
et la correction salariale des médecins est
à venir etc.
Nous reviendrons en - 4- (identification des revenus) sur la question de la répartition entre l’effort gouvernemental et
l’effort des contribuables.
C5- Les économies de la révision de programme ne sont pas estimées avec raison parce que les expériences passées
ont toutes échoué. Sans aucune pudeur, ce gouvernement reprend le slogan très éculé de « La réduction de l’appareil
étatique, du désengagement de l’État». On y a eu recours à plusieurs reprises depuis le célèbre Comité de Paul Gobeil
en 1986 4. Tout récemment encore, en 2008, la précédente ministre des Finances et aussi Présidente du Conseil du trésor
Monique Jérôme–Forget, l’avait aussi utilisé puis, juste avant l’élection, elle décidait de quitter la politique après avoir menti
effrontément sur l’état des finances publiques. Une seule constante, ces grandes comiques n’ont jamais réussi à établir les
économies que «ce désengagement» était censé avoir réalisées. Seule la complicité des éditorialistes et l’amnésie volontaire
des groupes d’intérêts peuvent expliquer que ce gouvernement ait encore recours à ce stratagème usé. De toute évidence,
Il n’a pas modifié son comportement laxiste.
--À preuve, c’est ce même gouvernement, très coincé qui, en juin 2010, a quand même accordé une subvention de plusieurs
milliers de dollars à quelques dizaines de résidents du Lac St-Joseph pour leur donner accès à l’Internet haute vitesse parce
que certains d’entre eux sont des professionnels qui travaillent à la maison …sur le lacé. Il n’y a rien de trop beau pour cette
classe ouvrière. Autre exemple : subvention de 200,00$ au grand Hôtel Times de Sherbrooke pour le Centre de conférence
du Lac des nations «pour renouveler l’offre touristique» etc. («Une semaine à 1,3 milliard $ de cadeaux du 26 juin au 6 juillet»
Le Journal de Québec, 6 juillet 2010 p. 14). Dernier exemple Hydro-Québec va dépenser 500 M$ pour 150 mégawatts dont
elle n’a pas besoin et qui seront produits par le harnachement de 13 petites rivières. (Le Soleil 2 juillet 2010 p. 28)
C6- L’allègement des structures. On note qu’il n’y a aucune abolition d’organisme malgré ce que dit la rubrique.
Il n’y a que des intégrations à des structures existantes. La nouvelle présidente du Conseil du trésor (une job de femme !
çà doit être Michou qui gère le budget chez les Charest), est aussi insidieuse que celle qui l’a précédée. De manière toute
aussi cynique elle s’en prend principalement aux organismes consultatifs alors qu’ils sont les moins dispendieux mais qui se
prêtent aussi le moins à des nominations partisanes. On met fin à la représentation des familles et des aînés alors que la société
est très vieillissante et ne se régénère plus; quand on dit que nous nageons dans l’irrationnel. Par contre, comme par hasard,
le Conseil du statut de la femme n’est pas aboli même si l’égalité de droit est acquise depuis 1964. Incidemment, le CSF et
le Secrétariat à la Condition féminine on un budget plus élevé que les 6 autres organismes mentionnés. L’égalité de fait
féministe royale et un autre deux poids deux mesures insensé.
Commentaire
Bref, ce
gouvernement, miné par des scandales à répétition, a eu, en
plus, le culot d’acheter «la paix sociale »
avec les
puissantes centrales syndicales, avec l’argent des
contribuables, tout simplement parce qu’il a décidé qu’il
était plus
important de ne pas se faire 500 000 adversaires lors de la
prochaine élection que de gérer correctement
les
finances publiques. C’est, en résumé, l’opinion de Gilbert
Lavoie Le Soleil 26 juin p. 7) dans «Les coûts de
la paix
sociale» à propos de l’entente.
4- Identification des nouveaux revenus (Budget 2010-2011 = B) (Journal de Québec- 5 juillet 2010- p.2-3)
- (B) indexation des tarifs à compter du 1er janvier 2011, à l'exception du tarif des services de garde; 2013-14 = 195 M$-
total 2010-2014 = 420 M$
- (B) - mise en place du Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux, dans lequel sera
notamment versée la contribution santé;2013-14 = 945MS – et total 2010-14 = 2 645 M$
-- (B) Ticket modérateur Santé = 500 M$ total 2010-14 = 550 M$
- création du Fonds des infrastructures routières et de transport en commun affecté au financement d'infrastructures;
montant ?
(B) - hausse de la taxe sur le carburant ; 2013-14 = 480 M$- total 2010-2014 = 1 200 M$
(B) - hausse de la TVQ d’un point – 1er janvier 2011= 1 660M$ total 2010-2014 = 5 050$
- hausse de la TVQ d’un point – 1er janvier 2013= 1 550M$ total 2010-2014 = 3 450$
(B) - hausse des frais de scolarité universitaires – automne 2012 ; montant ?
(B) - modification de la Loi sur la Régie de l'énergie permettant, à compter de 2014, l'augmentation progressive du coût
de l'électricité patrimoniale
- versement au Fonds des générations de près de 1,6 milliard de dollars en 2018-2019, correspondant aux revenus
supplémentaires découlant de la hausse du coût de l'électricité patrimoniale;
(B) Révision du régime des droits miniers 2013-14 = 60M$- total 2010-2014 = 188M$ (Journal de Québec- 5 juillet 2010
- p.2-3)
(B) Hausse de la taxe compensatoire des institutions financières 2013-14 = 124M$- total 2010-2014 = 471M$
(B)- Lutte contre l’évasion fiscale 2013-14 = 1 200 $- total 2010-14 = 2 950
Établissement des cibles de réduction de dette à atteindre en 2025- 2026.
Grand total 16 924 entre 2010-2014 (le versement au Fonds des générations n’est pas comptabilisé)
Ce qui fait que l’effort des contribuables durant cette période serait de 55,85% par rapport à un effort gouvernemental
de 44,15%.
5- Réplique du ministre des Finances
--- M. Bachand a contesté ainsi l’analyse de Charbonneau :
a) il a erronément pris pour acquis que, du 1.1 milliard$ non identifié qui manque pour établir l’équilibre budgétaire,
500 M$ proviendront nécessairement du ticket modérateur. Ils pourraient provenir de transferts fédéraux ou de la
croissance économique, dit-il.
b) il a aussi fait une erreur grossière en ne tenant pas compte du fait que le gouvernement va retourner 595 M$ en
crédits d’impôts aux ménages à faible revenu à même les 7.2 milliards supplémentaires récoltés par les hausses
de taxes (TVQ);
c) enfin, il a erré en incluant dans «l’effort des contribuables» le 1.2 milliards que le gouvernement prétend récupérer
au chapitre de l’évasion fiscale (2, 950 de 1010 à 2014) «parce que ce n’est pas un fardeau additionnel»
(Le Journal de Québec 6 juillet 2010 p. 6)
Commentaires
1- La réplique ridicule de M. Bachand
a) Comme le gouvernement n’a pas encore défini la nature de ce ticket, Charbonneau était justifié de soumettre cette
hypothèse;
b)
Le
ministre des Finances n’avait qu’à faire état de
ce retour d’impôt dans sa présentation; une somme qui
représente 8 % du 7 milliard.
c)
Si
les montants de l’évasion fiscale ne sont pas de l’argent neuf
alors il aurait dû comptabiliser non pas 1.2 mais bien 3
milliards puisque c’est la hauteur de l’évasion fiscale
annuelle selon le ministre du Revenu (Le Journal de Québec -6
juillet 2010 p.7) L’effort gouvernemental c’est le 51 millions$
qu’il va dépenser pour embaucher plusieurs centaines de nouveaux
employés dont la tâche sera de contrer cette évasion fiscale.
2-
Le comportement assez minable de ce gouvernement
----La
plus grosse tromperie de Ti-zoune B. est sans conteste le
rangement de «la lutte contre l’évasion fiscale» dans
le volet
de l’effort gouvernemental soit 1 200 M$ en 2013-14 et
de 2 950 M$ de 2010 à 2014.
C’est le type qui a déjà dit «l’important dans un budget c’est
de rendre les gens heureux» et…. débiles
-- Logiquement ce
gouvernement qui se dit transparent et prêt à faire la lumière
sur tout, sauf sur ses propres turpitudes, n’est pas foutu
d’estimer les divers nouveaux revenus qu’il entend prélever. On
doit comprendre que, sur les 6,9 milliards$ qu’il doit aller
chercher, les tarifications de toutes sortes devront rapporter
plus de 3 milliards puisque les deux Fonds mentionnés (Santé
et Générations) ne vont cumuler que 3 milliards.
-- Ce
gouvernement s’est engagé à ne pas hausser les frais des
services de garde parce qu’Il a craint que le Conseil du statut
de la femme ne l’accuse de s’en prendre aux pauvres mères
monoparentales qui travaillent. Par contre, il n’aura aucune
gêne à hausser les contributions au plus généreux programme
d’assurance-parentale parce que ce sont les entreprises et les
hommes qui payent pour que les femmes demeurent à la maison,
comme si c’était différent de ce qui se faisait avant; la seule
différence il n’y avait pas des centaines de fonctionnaires pour
gérer tout çà.
-- C’est
la hausse de la facture l’électricité qui va réduire la dette
parce que ce gouvernement se reconnaît incapable de réduire ses
dépenses à cette fin.
6- Le jugement des chroniqueurs
Daniel Audet (le Journal de Québec 5 juillet 2010 p. 32);«La culture de l’endettement»
«Nous devons nous attaquer en priorité au déficit et à la dette.- Dommage que le gouvernement n’ait pas entendu le
Conseil du patronat, la CFCCQ, les MEQ et la FCEI »
Pierre Duhamel (le Journal de Québec 6 juillet 2010 p. 34); « Retour sur le budget Charest»
«Le gouvernement dépensera 6 milliards de plus qu’en 2013-14 qu’en 2009-10. L’austérité n’est plus ce qu’elle était »
(….) Si les Québécois n'aiment pas les taxes, ils détestent encore plus ce qui est perçu comme étant des attaques
contre l'État providence et les « droits acquis». Or, tout est un droit acquis au Québec. Remettre en cause la moindre
parcelle de la protection sociale, du cadre de travail de la fonction publique ou de l'aide aux entreprises devient
un assaut contre le « modèle québécois », dépendant du groupe appelé à se « sacrifier ». Voila pourquoi les
différents gouvernements qui se sont succède au fil des ans ont nourri le monstre plutôt que de le mettre au régime
minceur et que l'État québécois a distribue sans compter l'argent qu'il n'avait pas. (…) Le budget Bachand et les
négociations dans le secteur public ont sans doute révélé le manque de courage politique d'un gouvernement
assiégé. li a aussi confirmé les contradictions fondamentales des Québécois qui veulent la protection sociale des
Européens et le niveau de taxation des Américains ».
J. J Samson «Le gouvermaman» (le Journal de Québec, 8 ju8illet 2010, p. 16)
«Les Québécois ont tellement permis à Big mother d'envahir leur vie que non satisfaite de leur avoir coupe toute liberté,
celle-ci les infantilise, les traite comme une collectivité de déficients mentaux (…). L'un des principaux problèmes de la
société québécoise, la plus social- démocrate en Amérique du Nord, est la déresponsabilisation totale de ses citoyens.
Depuis cinquante ans, ceux-ci ont laissé l'État gérer toujours davantage leur vie et ils ont ainsi accru leur dépendance
des pouvoirs publics, dont les détenteurs ne demandaient rien d'autre. L'absence d'autonomie des citoyens est la
de la domination du pouvoir étatique. L'un des effets pernicieux de cette déresponsabilisation collective est de bloquer
toute remise en question en profondeur de nos programmes gouvernementaux et de nos structures. Le Québec fonce
dans un mur, en raison d'un endettement qui nous situe au 5e rang dans le monde parmi les sociétés industrialisées.
Mais les Québécois ne veulent pas se délester de rien et les détenteurs du pouvoir en sont contents. Ils peuvent
ontinuer à être aussi interventionnistes.» ET le 9 juillet 2010 p.8)
«Un
blond chez Simons -
Un
ministre libéral qui donne des leçons
d'éthique aux journalistes, c'est un tenancier de bordeI qui
prêche
la
vertu à
des couventines.
Quand on
appartient a un gouvernement qui a
menti
en
série
aux Québécois et
a
qui on reproche
de baigner dans le favoritisme,
des
contrats de routes jusque dans l'attribution des permis de garderies;
quand on a promis un allégement
de l'appareil de l'État et que le nombre de salariés est passe
de 498 000,en 2003 à l'arrivée
des libéraux au pouvoir,
à
538 000,
en 2009,on se garde de sermonner
la presse au nom de
la morale publique,
comme l’a fait, mercredi, le ministre des Finances, Raymond
Bachand.(…) M.
Bachand
argumente comme
une
blonde
qui sort
de
chez
Simons:
Elle
a économisé
60
$
parce
qu'elle
n'a dépensé que 40 $ et non 100$..
Pendant ce temps, le déficit de 4,3 milliards
pour
2009-2010
passera
à 4,5 milliards
en 2010-2011.Et
la
blonde
ne
comprend pas
pourquoi
le solde
de
sa carte
de
crédit augmente».
Richard Martineau (Le Journal de Québec, 30 juin 2010, p. 8)
«LE P'TIT QUÉBEC
– (à propos des critiques dont Alain Lefèvre a été l’objet pour
avoir tenté de faire connaître la musique d’André Mathieu –
c’est une autre question mais qui n’est pas sans rapport avec
la présente)
Le
Québec obscur et renfermé dans
lequel Mathieu
a sombré n'est pas encore
mort.
II existe toujours.
II n'attend qu'une occasion
pour nous prendre
à la gorge.
Le Québec jaloux,
le Québec mesquin,
le Québec étroit,
petit,
sordide, le
Québec qui ne croit pas
au succès,
qui se méfie de l'argent,
le Québec qui remet à leur
place tous
ceux qui osent sortir du rang,
qui parlent trop bien,
qui visent trop
haut, qui ont trop
de talent.
Regardez notre
système
d'éducation :
on ne tente
pas de
tirer
les cancres vers
le haut,
on pousse
les premiers
de
classe vers le bas »
Commentaire
Il est
toujours plaisant de constater que d’autres partagent son point
de vue. Un jour viendra où l’un d’entre eux finira par
reconnaître que le féminisme a été, ici, avec la
social-démocratie, une des principales causes de l’expansion de
l’étatisme non seulement à cause de l’adoption, sous la
pression du lobby féministe, de diverses mesures destinées
uniquement aux femmes et de l’impossibilité pratique de refuser
aux autres groupes des avantages semblables mais parce qu’aucun
gouvernement n’a le courage de retirer aux femmes les privilèges
qu’ils leur avaient accordés de crainte de perdre le vote de «la
moitié de la population». À notre connaissance, aucune femme
politique et aucun homme politique québécois n’ont eu la décence
de dénoncer cette perversion du processus politique qui fait du
sexe de l’individu et non de ses besoins fondamentaux le
principal paramètre de l’intervention de l’État.
On aura
remarqué que les journaux de Power Corporation sont absents de
ce débat. On peut toujours les excuser puisqu’ils sont
d’allégeance libérale et féministe .Mais cela revient à dire
qu’ils ne jouent pas le rôle qui leur est imparti dans la
société. Ils font exactement comme le parti au pouvoir, ils
mettent leur intérêt- la conservation de leur lectorat féminin,
croient-ils-, au–dessus de celui de la population.
Conclusion
Il est
manifeste que Raymond Bachand et Monique Gagnon Tremblay n’ont
absolument pas procédé à un assainissement des finances
publiques mais qu’ils ont plutôt monté un véritable vaudeville.
Le directeur de tournée, notre Jean Grimaldi politique (Jean
Charest), en est tellement fier qu’il cherche actuellement un
endroit où se produire, rien de qu’une scène internationale. Le
plus ridicule de la situation est que l’électeur a écarté l’ADQ
de l’échiquier politique, le seul parti qui aurait pu assainir
les finances publiques. Il a maintenant le choix entre deux
partis socio-démocrates qui rivalisent de projets pour accroître
encore plus l’infantilisation de notre société et
pour saper son économie par l'hypertrophie des services
publics.
____
(1)
«Le
burlesque fait rire grâce à un comique de l’absurde et de
l’irrationnel. La cohérence n’a jamais le temps de s’installer.
»
(Wikipédia).Ti-zoune,
arrive chez lui à 3 heures du matin, très éméché Sa femme
refuse de lui ouvrir la porte, De sa fenêtre du premier étage
elle le sermonne à souhait et ameute le quartier pour lui
faire honte. Puis, Ti-zoune se tait et se cache dans un coin,
loin du réverbère. Sa femme, intriguée, sort et s’éloigne de la
maison pour découvrir où il est. Il en profite pour entrer dans
la maison, fermer la porte à clef, se précipiter à la fenêtre et
engueuler sa femme qui, honteusement, rentre au bercail à une
heure aussi tardive.
(2)
«Comédie
légère,
qui
utilise
des
procédés
comme la
complication
de l’intrigue
et l’emploi
du
quiproquo.»
(3) Monique Gagnon-Tremblay «Ainsi,
la proposition salariale déposée par le gouvernement et acceptée
par les instances syndicales sort des sentiers battus. Les
ajustements lies à l'inflation ainsi que la clause associée à la
croissance économique introduisent une nouvelle dynamique. Si
le Québec s'enrichit,
II sera raisonnable et juste que les employés de l'État, comme
les autres Québécois, puissent partager une partie de cette
richesse. Cela encouragera tout le monde à travailler à la
prospérité du Québec, un des principaux objectifs de notre
gouvernement.»
Le
Journal de Québec 9 juillet 2010 p.17
(4) «Les membres du Groupe de travail proposent l'abolition de
plusieurs organismes administratifs, tels que la Régie du
logement, le Bureau d'audience publique en environnement (BAPE)
et la Commission de protection du territoire agricole. Le
rapport Gobeil recommande
également la privatisation de Radio-Québec (…) Dans le secteur
de la santé, il est question de céder les hôpitaux de petite ou
de moyenne taille à des intérêts privés. Enfin, en éducation, on
suggère de hausser les frais de scolarité à l'université,
d'augmenter la charge de travail des enseignants et de financer
les écoles à partir de bons d'études permettant aux parents de
choisir entre l'école publique et l'école privée.» ttp://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/3267.html
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