| John Charest doit limoger Michael Sabia, président de la CPDQ, ainsi que les deux unilingues anglophones que a nommés, Kim McInnes, président, exploitation et David Smith premier vice-président, ressources humaines, | ||
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HOMME D'AUJOURD'HUI |
Pour comprendre ce qui arrive maintenant il faut retourner dans le passé, à la nomination de Michael Sabia lui-même. 1- La nomination de Michael Sabia a été précipitée et biaisée par John Charest lui-mêmeSabia a été nommé PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec le 13 mars 2009, succédant ainsi à Fernand Perrault. Cette nomination précipitée par le Premier ministre, à la suite de la déconfiture de la Caisse (perte de 40 milliards $) sous Henri-Paul Rousseau, lequel fût rapidement récupéré par Power Corp.En effet, selon un observateur bien informé 1. « Le 5 mars dernier, le Conseil des ministres lors d’une conférence téléphonique entérinait la nomination de Robert Tessier à la présidence du conseil d’administration de la Caisse de dépôt. Peu de temps après sa nomination, Robert Tessier choisissait Michael Sabia, sans même rencontrer les autres candidatures retenues. J’ai su tout de suite que Sabia était l’homme de la situation a-t-il dit. Le comité de sélection du conseil d’administration de la Caisse de dépôt n’aura eu qu’une semaine pour évaluer la candidature de Michael Sabia; c’est Robert Tessier qui déclarait que son comité de sélection n’avait pas jugé bon de rencontrer les autres candidats : Christiane Bergevin, Jean Raby, Luc Bertrand ou Alain Auclair. Il n’y aura pas eu de véritable processus de sélection. Robert Tessier n’a pas choisi Michael Sabia, il n’aura fait qu’obéir à Jean Charest et à son gouvernement, comme un brave petit soldat et c’est en bonne petite majorette qu’il aura conduit la parade. S’il ne voit pas la grosse clé qu’il a dans le dos, nous la voyons très bien » Incidemment, tout le monde sait que Robert Tessier a fait carrière grâce uniquement à sa filiation libérale (président de la jeunesse libérale) et à sa remarquable capacité de lécher les bottes de tout supérieur hiérarchique quel qu’il soit et d'écraser les subordonnés par tous les moyens. On peut le voir, en commission parlementaire, en train de raconter des bobards au député Aussant à propos du déroulement du processus de nomination 2 Monique Jérôme-Forget était alors ministre des Finances mais de toute évidence elle n’a été que le porte-paquet du premier ministre dans ce dossier comme dans les autres (une marionnette en fil de fer). 2- Le choix de Michael Sabia a été critiquée dès le départClaude Béland«L'ex-numéro un du Mouvement Desjardins, Claude Béland, a deux raisons majeures de rejeter la nomination de Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt : il doute de sa compétence et de son attachement au Québec 31-«J'ai suivi de près le dossier de BCE et je trouve qu'il n'a pas fait un travail extraordinaire. Je me demande si c'est ce genre de travail qu'il va faire à la Caisse de dépôt.» (Il a tenté de vendre BCE au régime de retraite des enseignants de l’Ontario mais il a raté) 2- Le président de la Caisse représente une institution québécoise fondamentale, culturelle, identitaire. Je trouve qu'il n'a pas le profil de ça.» (…) «À cause de ces faiblesses, M. Béland souhaite que l'équipe entourant le PDG de la Caisse de dépôt soit plus présente. «J'espère qu'il va mettre son équipe en évidence. Je souhaite que la Caisse de dépôt ne soit pas toujours l'affaire d'un seul homme, mais une affaire d'équipe.» «(…) «Il estime que M. Sabia devrait avoir le «beau geste» de se retirer de ce poste et de demander un processus de nomination transparent et sans controverse» Bernard Landry Pour l'ancien premier ministre Bernard Landry, le problème n'est pas l'origine ontarienne du nouveau PDG ni la qualité de son français, «tout à fait convenable». Le problème, c'est «sa culture nationale... canadian». «Cet homme était le dernier profil à choisir pour diriger cette institution. Le gouvernement commet une sorte de provocation. Même dans les rangs des libéraux québécois, cette décision n'a pas dû être bien accueillie», dit M. Landry. «Il nous l'a prouvé en étant l'artisan du transfert à Toronto de Bell Canada Entreprises, un des fleurons de l'appareil décisionnel et économique de Montréal, avec toutes les conséquences que cela aurait pu avoir. Ils font ça de bonne foi, c'est leur culture!» «Nos actes nous suivent...» a-t-il poursuivi». Jean Campeau (ex-pdg de la Caisse) «Dans une entrevue au journal Les Affaires, l'ancien PDG de la Caisse, Jean Campeau, a exprimé son scepticisme quant à la nomination de M. Sabia. « On rapporte qu'il est incapable de prendre des décisions, qu'il blâme les autres pour ses échecs, est-ce que c'est vrai? Je ne le sais pas, mais j'espère que non », a dit M. Campeau. L'ancien PDG a déclaré qu'il faudrait analyser de possibles changements au sein du personnel de la Caisse pour voir si M. Sabia s'entourera d'amis ou maintiendra la composition de la haute direction actuelle. M. Campeau a toutefois ajouté qu'il était prêt à laisser la chance au coureur, soulignant le passage de Michael Sabia au CN » 4 Des libéraux «D'autres sources confient que des membres en vue du PLQ à Montréal ont exprimé directement leur mécontentement à Jean Charest dès le début de la semaine, quand il est devenu clair que M. Sabia serait choisi. Pour ces libéraux, ce choix vient «du Parti conservateur». Il est difficile de savoir qui, de Brian Mulroney, Paul Tellier ou Daniel Gagnier (chef de cabinet de M. Charest), a eu le plus d'influence, mais le nom de Michael Sabia vient de cette mouvance, confie-t-on.»5 3- John Charest a défendu sa nomination à l’époque«Charest défend la nomination. En point de presse dans les Laurentides, où il participait à une annonce d'achat d'autobus par la Société de transport de Montréal, Jean Charest a vanté les mérites de M. Sabia, son «parcours remarquable» comme «Québécois qui a laissé sa marque». «C'est la recommandation du conseil d'administration et nous savons que Michael Sabia va faire un très bon travail», a soutenu M. Charest. (…) Il s'est récrié quand on a soulevé le manque de «sensibilité québécoise» de M. Sabia. «Il connaît très bien le Québec. Il habite au Québec depuis plusieurs années. Il est très compétent et je vous assure qu'il va travailler dans un cadre, un conseil d'administration, une institution qui est totalement dévouée aux intérêts du Québec, a soutenu M. Charest. Il a fait ses preuves à la tête d'une très grande entreprise et il aura à son service, autour de lui, tous les experts qu'il lui faut pour remplir le mandat de la Caisse» 6 4- Rapidement, Michael Sabia a confirmé son respect de la langue française et son attachement au QuébecMichael Sabia a répété plusieurs fois qu'il avait choisi le Québec alors qu'il aurait pu aller à l'étranger. Il a interrompu l'une de ses réponses en anglais pour préciser, en français, qu'il fallait parler dans la langue de travail des Québécois et que ce serait une façon de montrer son leadership 7
5- Par contre, il n’a pas caché qu’il n’en avait rien à cirer des entreprises québécoises -- «Au sujet de la nécessité d'investir au Québec, M. Sabia a laissé entendre qu'il ne fallait pas fixer des cibles précises à atteindre. Il a déclaré que la présence de la Caisse à l'étranger était une autre voie de contribution à l'économie québécoise. Il a martelé qu'il fallait assurer le bon rendement de la Caisse». 8-- Sous Michael Sabia, la Caisse de dépôt et placement aura le souci de faire progresser l'économie du Québec, mais à la condition que cet objectif ne nuise pas au rendement des fonds des déposants. (…) Hier, le nouveau PDG de la Caisse a répété ce credo, même face à la possibilité de la vente à des étrangers du principal fleuron du Québec: Bombardier. «Ce qui est important, c'est que la Caisse obtienne des rendements qui aideront les cotisants à atteindre leurs objectifs», a essentiellement répondu M. Sabia à la question d'un journaliste» 96- Aujourd’hui, John Charest condamne les nominations de Sabia en déclarant qu’elles sont inacceptables«Le premier ministre Jean Charest trouve «inacceptable» que la Caisse de dépôt et placement compte des cadres supérieurs anglophones unilingues. «La Caisse de dépôt et placement doit corriger le tir [...] Il va de soi que la Caisse doit fonctionner en français», a affirmé Jean Charest lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, mardi». (…) « La Caisse de dépôt et placement du Québec, ça se passe en français», lui a répondu Jean Charest. «La Caisse de dépôt et placement va corriger le tir, va s'assurer que les choses se font conformément à nos valeurs et nos lois.» 10 7- Mais il a accepte solution de Sabia : des cours intensifs de français pour les deux unilingues, avec congés pour ces messieurs, le tout aux frais des contribuables Cette solution est totalement : -- imbécile parce que quiconque connaît le moindrement la dynamique du monde des affaires sait que ce n’est pas le fait d’apprendre le français qui va persuader ces personnes de ne plus demeurer en contact avec le réseau de «connaissances » qu’elles se sont bâti depuis qu’elles travaillent; --- insultante pour la société québécoise parce qu’elle affirme que, depuis les années 1950, les Québécois ne sont toujours pas assez compétents pour occuper des postes de direction, comme le déclarait Walter Gordon, le président du CN, à l’époque; --- péjorative pour les deux personnes en question parce qu’elle révèle qu’elles ne sont pas assez intelligentes pour avoir appris le français dans un pays bilingue et qu’elles ont accepté un poste dans cet organisme québécois sans avoir pris la peine d’apprendre cette langue ; -- révélatrice de la fourberie de Michael Sabia pour avoir affiché son respect de la langue française au moment de sa nomination pour ensuite le larguer au profit de son réseau d’amis une fois bien installé. Il faut être un «crosseur» de premier niveau pour nommer un unilingue à la direction des ressources humaines.la personne qui doit voir an recrutement des prochains employés et à la promotion de ceux qui sont en place; --- révélatrice de l’incompétence et du manque flagrant de jugement de Sabia pour avoir procédé à ces nominations sans en avoir évalué la portée, sans avoir prévu la condamnation de la part de celui-là même qui l’avait nommé.
Si John Charest a le moindrement le sens des responsabilités et qu'il ne veut pas être considéré comme le p^lus minable des hommes politiques il n’a vraiment d’autre choix que de limoger Michael Sabia et de faire en sorte que le prochain président comprenne que les ti-zamis de Michael peuvent aller travailler en Alberta où l’impôt est tellement plus «confortable avec.». ADDENDUM février 2012 Pour bien démontrer que le Sabia en question n'a vraiment aucun jugement, il est allé, depuis, passer une fin de semaine, avec femme et enfants, au domaine Sagard de la famille Desmarais. Or, les ministres Gignac, Raymond Bachand n'y voient aucun impair, et le Premier ministre se fie au «bon jugement du président de la Caisse». 11. C'est comme si, tout à coup, ces personnes étaient aussi frappées de la même tare. Bien sûr, la majorité des observateurs indignés, tous sincères qu'ils soient, appartiennent à une autre société que celle des dirigeants libéraux. Au fond, Sabia n'est pas si bête que nous le pensons. Il a finalement compris qu'il avait intérêt à parler directement au grand patron, celui qui dit à Charest quoi faire, parce que si jamais Charest se sentait obligé d'agir «pour calmer le jeu», «sous la pression populaire », et surtout. advenant un autre bilan désastreux de la Caisse, il aurait intérêt à se trouver une autre planque (avec parachute doré) et à rejoindre Henri-Paul Rousseau chez Power Corporation. _____ (1) Croquemitaine La majorette et la grosse Caisse Publié le 17 mars 2009 (2) Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, questionne Robert Tessier http://www.youtube.com/watch?v=cRGx6ec1bR8&feature=player_detailpage (3) «Claude Béland inquiet de voir Sabia à la tête de la Caisse » La Presse le 17 mars 2009 à 12h34 | Mis à jour le 17 mars 2009 à 14h03. Pour le chroniqueur économique du magazine L'Actualité, Pierre Duhamel, la transaction avortée de 52 milliards de dollars avec Teachers aura été le seul fait d'armes de Michael Sabia à la tête de BCE. (4)«Une nomination controversée» Radio-Canada mise à jour le vendredi 13 mars 2009 à 21 h 22 HAE (5) «Les critiques fusent, même chez les libéraux » La Presse, Publié le 14 mars 2009 à 08h27«Me Jean-Pierre Ouellet, qui était vice-président des affaires juridiques au CN pendant le règne de Paul Tellier et Michael Sabia, est devenu membre du conseil trois jours avant de participer à une réunion du comité de sélection qui allait, comme par hasard, choisir son ancien collègue du CN. M. Ouellet travaillait auparavant chez Stikeman Elliott, où il avait hérité du mandat de la privatisation du CN. Il connaît M. Sabia depuis 1994.» (6) ibid (7) «Michael Sabia, nouveau PDG» mise à jour le lundi 16 mars 2009 à 17 h 28 HAE | Radio-Canada avec La Presse Canadienne (8) ibid(9) «La Caisse n'empêcherait pas la vente de Bombardier à des étrangers» La Presse Francis Vailles(10) «Dirigeants unilingues anglophones à la Caisse de dépôt: inacceptable dit Charest» La Presse, publié le 15 novembre 2011 à 11h41 | Mis à jour le 16 novembre 2011 à 06h27Cette réaction devrait»être partagée par ceux qui, à la Banque Nationale du Canada, ont nommé un unilingue anglophone responsable des technologies de l’information «Depuis 2007, le premier vice-président des technologies de l'information de l'institution est John B. Cieslak et il ne parle pas français. Par conséquent, tous les documents relatifs aux technologies de l'information qui lui sont transmis doivent être rédigés en anglais, selon nos informations» «Un patron unilingue anglophone à la Banque Nationale La Presse publié le 19 novembre 2011 à 08h16 |(11) Le Journal de Québec 14 février 2012, p.4 |