La victimisation, une manœuvre rentable au Québec

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 HOMME

D'AUJOURD'HUI

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Dans notre système politique, animé par l’idéologie de l’État Providence depuis plus d’un demi- siècle,  il est très profitable d’être ou de sembler  être, individuellement ou comme groupe, une victime de quelqu’un, de quelque chose, des autres. Bien qu’au Québec,  l’État  ait multiplié les interventions destinées à prémunir  les individus contre toutes sortes d’adversités par de multiples programmes d’assurance collective  et à les indemniser, au besoin, par d’autres moyens, on dirait qu’il n’y a jamais de fin à la découverte de nouvelles victimes.

Les médias à fort tirage nous rapportent régulièrement les histoires à fendre l’âme  de tel individu qui souffre, à qui il est arrivé un malheur et qui mériterait de recevoir une généreuse aide financière de la population parce qu’il ne peut obtenir justice devant les tribunaux en vertu du Code civil (malgré l’aide juridique), ou parce qu’il ne peut recevoir ici les traitements médicaux ultra spécialisés, dispendieux  et expérimentaux  non couverts par l’assurance-maladie, ou parce qu’il ne bénéficie pas des services des 5 000 organismes sociaux financés par l’État pour des raisons qu’ils n’ont pas à nous donner. Il y est aussi question des membres de divers groupes minoritaires,  discriminés, opprimés et indignés, ici ou ailleurs, dont la situation déplorable doit être corrigée par une intervention vigoureuse des tribunaux en vertu d’une Charte des droits de l’État national, étranger,  ou onusien.  

Incidemment, ces médias ont peine, au contraire, à faire mention des individus qui ont réussi des exploits, remporté des succès dans leur  champ d’activité (sauf  dans le monde des arts et du sport) comme si l’on craignait que leur réussite n’éveille que de la jalousie  dans le reste de la population. Autrement dit, pour ces médias  le malheur se vend mieux que la réussite.  

On doit aussi penser que pour les victimes, réelles ou présumées, la divulgation de la situation apparemment désavantageuse peut être, en bout de piste, rentable (c’est-à-dire, avantageuse, fructueuse, intéressante, payante, productive, ou profitable, selon le cas), soit   individuellement  soit en groupe, financièrement ou politiquement, selon le cas.

Bien plus, catégorisé au départ comme victime, l’individu ou le groupe n’est pas tenu responsable de ce qui lui arrive même si son comportement antérieur a pu conduire au malheur qui le frappe. Par contre, l’État lui, ne  peut échapper à  l’obligation qui lui est faite, au nom de la solidarité sociale, de corriger la situation. Les contribuables qui défraient le coût de la réparation n’osent pas s’objecter car ils sont conscients que la famille traditionnelle qui se chargeait de plusieurs de ces cas n’existe plus  et ils comptent bien pouvoir recevoir aussi sur cette aide de l’État s’ils devaient traverser les mêmes épreuves.

 Il n’est donc pas étonnant que se produisent des événements qui nous font nous demander s’il existe une limite à la rentabilisation de la victimisation non pas que les  montants en jeu soient nécessairement toujours faramineux mais parce qu’ils se situent à la marge de ce qui est raisonnable.  Nous présentons plusieurs exemples qui  nous semblent entrer  dans cette dernière catégorie. Nous avouons que la raison de l’établissement de cette chronique remonte à un constat que nous avions  fait, il y a quelque temps déjà à propos du mouvement féministe.

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VMR -1- Exemples de victimisation qui font rigoler ou pleurer selon le cas

 

Voir aussi

APF-27 La victimisation   et l'indignation,les deux génératrices de l'activisme féministe