Le syndrome Nathalie Simard  est contagieux -  Au Québec, on guérit de l’abus sexuel par une poursuite  en dommages-intérêts 

 

Homme d'aujourd'hui

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 Les affaires  Ringuet, Labrie, Servant, Vachon, X, A. c. B et C ont fait les manchettes au cours des derniers mois. Ces poursuites ont en commun qu’il s’agit de recours en dommages-intérêts intentés par des femmes qui ont subi des abus sexuels et qui décident de poursuivre leur agresseur, 20 ou même 40 ans après les événements. Nous aimerions que l’on nous explique en quoi ces poursuites guérissent le mal qui leur a été fait car ces femmes n’ont pas toutes la chance d’empocher un million comme ce fût le cas pour celle  dont les conférences ont, apparemment  servi d’élément déclencheur, comme l’ont déjà avalisé plusieurs juges. La dernière affaire en cours mérite d’être racontée, tellement les événements rapportés semblent s’être produits à plusieurs endroits dans le passé et tellement le recours judiciaire en question semble être une nouvelle manifestation de la vindicte et de la vénalité féministes.

 

L’Affaire Therrien.  En octobre 2006, Armand Thérien, un ex-vicaire est accusé d’avoir violé une femme alors qu’elle avait 18 ans (donc majeure) et lui 25. Il avait dû la terroriser avec le goupillon. Il était maintenant tétraplégique, il avait été frappé par la foudre (sûrement divine) et en était resté paralysé. En 2008, nouvelle version, France Bédard, âgée de 60 ans et qui habite maintenant dans la région de Montréal,  fait les pages 4 et 5 de l’édition du 15 avril du journal Le Soleil (devenu plus jaune que son concurrent), en déclarant : «Il y a des problèmes de sexe chez les prêtres»  

Embauchée en 1965 comme ménagère au presbytère de Saint-Marc-des-Carrières, elle avait 17 ans à l’époque. Elle avait supplié le vicaire d’arrêter car elle était vierge mais il lui avait plaqué la main sur la bouche. Le lendemain, le vicaire, s’est excusé en pleurant et l’a dissuadée de quitter son emploi après le viol de crainte que le curé lui aurait posé des questions. Elle a tout de même quitté son emploi après trois mois en 1965 et une relation amoureuse s’est développée entre les deux, il la courtisait. Ils ont eu de nombreuses relations sexuelles jusqu’en février 1996 alors qu’elle a quitté et Saint-Marc-des Carrières. Il lui a alors  écrit plusieurs lettres passionnées. Puis elle apprend qu’elle est enceinte. Il veut «à mots couverts» qu’elle avorte, elle décide d’accoucher quand même (un garçon) et lui demande quoi faire de l’enfant, réponse qu’elle le donne à l’adoption  Elle s’y résout à regret, elle le retrouvera 30 ans plus tard mais Therrien refusera de le voir.  Il a été un parfait vilain jusqu’au bout Cela dit, deux ans après l’accouchement  Bédard s’est mariée… avec un autre homme et lui a avoué son lourd secret dès le premier soir  (- non seulement elle n’était pas  vierge mais elle était  mère). L’élément déclencheur ; le message de Nathalie Simard  en 2005, c’est alors qu’elle a décidé de jeter à la poubelle les lettres d’amour du vicaire. Toujours est-il que Therrien décède en 2007, c’est alors que Bédard décide de poursuivre conjointement la succession de Therrien  et l’Archevêché  pour $ 200 000 de dommages moraux $100 000 de dommages punitifs  et $25 000 de dommages moraux spécifiques liés à la lettre écrite par l’Archevêque Ouellet, «Pardon pour tout le mal », diffusée dans tous les journaux en novembre 2007.  Devant le refus du cardinal Ouellet de la rencontrer puisque l’affaire st maintenant devant les tribunaux de par son action à elle tribunaux, elle récidive le lendemain en faisant les déclarations suivantes : «Je n’arrive pas à croire que l’Église et ses représentants, dont le cardinal Ouellet, se cachent  derrière le paravent de processus bureaucratiques et refusent un minimum d’humanité et de compassion. Ils ajoutent à ses souffrances et à toutes celles des victimes de crimes sexuels commis par les représentants du clergé» » (…) «Ce membre du clergé  (Therrien) a détruit ma vie » (…) Ils prêchent la compassion, l’amour et la générosité mais ils agissent avec froideur, calcul et indifférence».1

 

Il a manifestement une perte du sens de l’orientation. On poursuit quelqu’un qui a écrit une lettre d’excuses et on voudrait qu’il nous accueille à bras ouverts. Bien plus, Mme Bédard semble ignorer que la rencontre qu’elle réclame serait considérée comme un geste de réconciliation. Cela dit quelques questions se posent. La seule preuve que Bédard n’ait pas consenti aux premières relations sexuelles tient-elle à son seul témoignage ? Lui a toujours nié.  Pour qu’elle raison a-t-elle continué de le voir après le viol ? Pour quelle raison a-t-elle voulu accoucher malgré son opposition alors qu’elle était censée être dépendante de lui ? Pour quelle raison a-t-elle mis 30 ans à rechercher son fils?  Comment se fait-il que Bédard ait conservé les lettres d’amour  de Therrien après  son mariage  avec un autre homme ? Pour quelle raison demander des dommages-intérêts alors que le tort a été «moral» et psychologique ? Comment peut-elle déclarer que Therrien a détruit sa vie alors qu’elle a eu trois enfants d’un autre homme ? Est-ce bien la meilleure façon de remercier cet homme qui a été assez galant pour l’épouser… malgré son lourd secret.  Pourquoi s’en prendre à l’Archevêché en 2006 alors que pendant 40 ans elle n’a jamais déposé de plainte auprès de cette instance ?  Une personne  qui réclame $325 000 quarante ans après les événements, à la succession  d’un individu décédé  et à un corps public, apparemment plus en moyens, ne donne-t-elle pas l’impression d’agir par froideur et calcul? 

 

Dernière question. La directrice de l’information de ce quotidien souffre-t-elle de misandrie, elle qui  publie à répétition des nouvelles mettant en évidence des agressions sexuelles par des hommes contre des femmes ? La même  journée du 16 avril, en page 19, elle publie  un message publicitaire  du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de l’Abitibi où l’on rapport que Martine Ayotte a été agressée pendant 18 ans par son  père qui, après 23 ans de silence, a été condamné à 7 ans de pénitencier pour inceste, même si la mère, le frère et la sœur ont témoigné en faveur du père.  Nous nous interrogeons sur l’incapacité de cette personne à dénoncer la situation plus tôt   (il y en a un CAVAC dans 58 palais de justice)  et sur l’incapacité du système  judiciaire à punir également la mère. Quoiqu’il en soit, ce journal s’éloigne de plus en plus du Washington  Post  et sa tentative de racoler la clientèle de la chaîne concurrente dénote un manque de classe assez remarquable.       .     

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(1) Le Soleil 16 avril 2008 p. 4