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Les coiffeuses et la violence conjugale avec la collaboration de Gilbert Claes |
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Homme d'aujourd'hui
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Le quotidien Le Soleil, toujours très sensible à la violence conjugale, comme en témoigne son article presque quotidien sur la question et parallèlement sur les agressions sexuelles d’hier ou d’il y a quarante ans, a découvert, récemment, une initiative qu’il semble souhaiter voir s’implanter ici. «Aux États-Unis, les coiffeuses sont, depuis quelques années, aux premières lignes de la prévention de la violence conjugale Un programme de formation de l'Association nationale de cosmétologie a formé 40 000 coiffeuses pour détecter les signes de coups et savoir comment réagir aux confidences de leurs c1ientes battues par leurs maris. L'idée fait boule de neige et vient d'être formellement adoptée par plusieurs chaines de salons, par l'Association américaine d'écoles de cosmétologie et par les services sociaux de la Ville de New York. «Le salon de coiffure est souvent le seul moment où les femmes battues ont un moment d'intimité», explique Jeri Linas, responsable du programme «Cut It Out » à l'Association de cosmétologie. «Les hommes violents s'opposent souvent à ce que leur femme aille chez le médecin, de peur qu'il ne détecte les traces de coups, (…) La coiffeuse est souvent la seule personne avec laquelle ces femmes ont le temps d'établir une relation de confiance, et qui les voit.». 1
Commentaires
A- Ce que l’on a du mal à comprendre. Comment un homme violent, contrôlant, peut-il accepter que sa femme aille chez le coiffeur et non chez le médecin ? Comment un homme violent, contrôlant peut-il ne jamais s’absenter du domicile ne serait-ce que pour aller s’acheter une caisse de bière ? Chose certaine après «cette campagne de sensibilisation», il y a de grandes chances que la femme ne pourra même plus aller chez le coiffeur.
B- Ce que l’article ne dit pas et que nous retrouvons dans la source originale de cette information, soit l’article de Leslie Kaufman publié dans l’édition du 19 novembre 2008 du New York Times : (a) ni l’efficacité du programme de la Ville de New York ni celle du programme «national »- «Cut it out» - n’ont jamais été évaluées 2. Mais on comprend qu’ils continuent d’être subventionnés, bien entendu. (b) le nombre de victimes de violence par des intimes (donc pas nécessairement de violence conjugale) a été de près de 600 000 femmes et filles et de 144 000 hommes et garçons dans l’ensemble des États-Unis en 2006 3 Par comparaison : --Le Centre canadien de la statistique juridique a publié, en 2004 et 2005, 4 «La violence familiale au Canada ; un profil statistique», des compilations qui se basent sur l’Enquête sociale générale (ESG) et sur les rapports des services de police a établi que «Environ 7% des Canadiens de 15 ans et plus qui vivaient avec un conjoint avaient été victimes de violence physique ou sexuelle au cours des cinq années précédentes : 7% étaient des femmes (653 000) et 6% des hommes (546 000). Le taux de violence dans les relations actuelles était de 4% en 1999 et est demeuré le même en 2004 peu importe que les conjoints soient mariées ou en union libre. Au Québec, en 2004, le taux de violence était de 5% contre les hommes et de 6% contre les femmes. -- Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a publié, en 2006, un document sur les Problèmes sociaux dont la Violence à propos de laquelle il écrit «Sur une période d’une année, plus de 100 000 Québécoises, soit 6 % des femmes de 18 ans et plus vivant en couple, ont été victimes de violence physique de la part de leur partenaire (Institut de la statistique du Québec, 2002)». C’est donc dire qu’avec une population totale de 302 millions d’habitants (2008) la société américaine que tout le monde considère comme un modèle de société violente selon tous les indices en usage, réussit à avoir proportionnellement moins de victimes de violence entre intimes que la société canadienne dont la population est dix fois inférieure en nombre et que la société québécoise, 43 fois moins populeuse. Se pourrait-il tout simplement que les chiffres au Canada et au Québec soient outrageusement gonflés ? En fait, Denis Laroche a établi que le taux de victimisation des femmes et des hommes – dans un contexte de violence conjugale - est assez voisin pour ne pas justifier un tel écart entre les services qui sont offerts aux uns et aux autres 5. « taux de violence subie, au cours des douze mois précédant l'enquête, par le conjoint actuel, est de 17% pour les femmes et de 13% pour les hommes. Lorsqu'il s'agit de l'ex-conjoint le taux de violence subie est de 31% pour les femmes et de 20% pour les hommes. Au cours des cinq ans précédant l'enquête, le taux de prévalence de la violence subie par le conjoint actuel est plus élevé chez les hommes (39%) que chez les femmes (29%)»,
C Il est vrai que les hommes et garçons victimes de violence entre intimes sont cinq fois nombreux que les femmes mais cela justifie-t-il qu’il n’y ait aucune mention d’un programme visant à leur venir en aide? À cet égard, nous proposons: (a) la mise au point d’un programme de formation de conseillers pour ces dernières victimes, un programme qui, en toute égalité de fait, serait évidemment subventionné par le gouvernement (b) que ces conseillers soient recrutés parmi les employés du rayon des outils des magasins Rona et Réno-dépôt, ou encore du rayon des sports des magasins Canadian Tire, les seuls endroits où ces hommes et garçons peuvent établir des relations de confiance avec des hommes compréhensifs. C’est au moment où le gars choisit une perceuse ou une boîte de balles de golf qu’il est le plus porté à faire des confidences à propos de la bosse qu’il a derrière la tête. Il y a pourtant trois petits soucis. Premièrement, il faudrait que ces hommes qui se confient aux conseillers Rona ou CT ne portent pas de casquette ni de chapeau, autrement ces derniers ne pourraient pas voir la bosse qu’ils ont derrière la tête. Deuxièmement, plus sérieusement, il faudrait, pour que ces conseillers soient aussi efficaces que les coiffeuses, qu’il y ait des maisons d’hébergement pour ces hommes et garçons violentés, logiquement en aussi grand nombre que pour les femmes, pour bien couvrir tout le territoire. Heureusement, Micheline Carrier, celle-là même qui écrivait sur le site sosyphe.org., nous rassure à cet égard. « De nombreuses ressources pour les hommes au Québec et au Canada » (dimanche 4 janvier 2009).Toutefois, après examen de ces informations, on découvre qu’il n’y a, en fait, que 4 maisons d’hébergement pour les hommes et garçons victimes de violence sur tout le territoire du Québec. De plus, l’une d’elle est mixte et une autre est gérée par un CLSC 6. Il est vrai qu’il y a «Le Centre préventif d’hébergement à la famille» (Anjou) mais il s’agit d’un centre d’hébergement pour hommes violents envers leur conjointe. Par comparaison, on compte plus de 100 maisons pour femmes violentées, uniquement au Québec. Nous ignorons si l’hébergement de ces hommes est gratuit, comme il l’est dans le cas des maisons de femmes violentées, mais nous avons raison de croire que non. Mais quelles sont donc, alors, les nombreuses ressources dont parle Mme Carrier? Il s’agit d’organismes qui sont qui sont censés offrir une thérapie aux hommes violents, généralement à leurs frais. Effectivement, nous avons compté 35 organismes qui se sont donné cette mission.7 À remarquer que seulement six d’entre eux (*), semblent s’occuper à la fois des femmes violentes et des hommes violents. Par ailleurs, on aimerait connaître les modèles d'intervention de ces conseillers et leur efficacité. Quand on entend à une émission de télévision un policier «spécialisé» en la matière prendre, dès le départ, le parti de la femme victime on se met à entretenir des doutes sérieux sur les uns et sur l'autre.
En somme, malgré des taux de victimisation comparables le gouvernement a choisi : -1- de limiter à la région de Montréal le service d’ébergement pour hommes violentés; -2- de consacrer 96 fois plus de ressources aux femmes qu’aux hommes violentés ; -3- d’étendre sur le territoire des services destinés à «guérir» les hommes violents (ce qui, en bout de piste, est une autre façon de privilégier encore les femmes) mais dans une proportion deux fois moins grande que les maisons pour femmes violentées ce qui donne à penser ou bien que le service aux femmes est excessif ou bien que le service aux hommes est lourdement déficient; -4- de continuer à stigmatiser la violence des hommes et à banaliser celle des femmes, tout en ignorant complètement, dans leur cas, la violence psychologique.
Troisièmement, il se pourrait très bien que le Conseil du statut de la femme et Québec Solidaire dénoncent ces campagnes de Rona et de CT comme étant de vulgaires manœuvres de marketing. (…keting) machistes ou, pire, masculinistes ce qui ne pourrait manquer de faire reculer le gouvernement de Jean Charest. 00000 Nous ne croyons pas que la violence soit la meilleure façon de régler les différends entre époux mais il faut bien se rendre compte qu’avec un mariage sur deux qui se termine par un divorce, il n’est pas étonnant qu’un nombre grandissant de séparations se terminent mal. Il faut aussi reconnaître que, depuis plusieurs décennies, la société québécoise a pris partie pour les intérêts des femmes, dans les lois, les jugements, dans les médias ainsi que dans les services offerts aux individus aux prises avec des conflits matrimoniaux. Cette préférence explicite est irritante à la longue et peut certainement expliquer le comportement excessif de plusieurs. Il serait temps que les institutions publiques procèdent à un rééquilibrage de leurs interventions.
____ (1) Le Soleil, 28 décembre 2008, p.28 (2) «Neither the city’s program nor the much larger Cut It Out, founded in 2002,( 40,000 salon workers in all 50 states, 800 schools.) to tracks how many women the programs have referred for help, so it is hard to assess their effectiveness. But law enforcement officials in New York and nationally have praised the beauty-shop approach for reaching a population that normally hides from authorities. (3) « Nearly 600,000 women and girls and 144,000 men and boys nationwide were victims of violence by an intimate partner in 2006, according to the federal Bureau of Justice Statistics. In New York last year, the police received hundreds of domestic disturbance calls every day and recorded about 55,000 crimes connected to domestic violence » (4) no. 85-224-XIF (5)« La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999». Institut de la statistique du Québec, en 2003, p.36 (6) Carrefour Familial Hochelaga (Maison Oxygène- Maison d’hébergement pour hommes en difficulté, Montréal- -L’entremise (CLSC) Montréal- -Le Passant (Maison d’hébergement pour hommes en difficulté), Granby-Le réseau des petites avenues (mixte) (Montréal) (7) Aide et thérapie pour hommes violents - A.C.C.R.O.C. (Accueil collectif pour conjoints en relation opprimante et colérique)* St-Jérôme- A.R.I.H.V.(Association des ressources intervenant auprès des hommes violents) Joliette,- A.V.I.F. (Action sur la violence et intervention familiale) *Châteauguay.- C.A.H.O. (Centre d’aide pour hommes oppresseurs Inc.) Joliette,- C.H.O.C. (Centre pour hommes opprimants et colériques) Chomedey-Laval- C-TA-C (Contre toutes agressions conjugales),* Rimouski.- D’hommes à Hommes (Service d’aide pour conjoints violents) Thetford Mines.- Donne-toi une chance, Gatineau.- G.A.P.I (groupe d’aide aux personnes impulsives) * Québec.- Groupe GRAV CLSC Ile-de-la-Madeleine C.P. Cap-aux-Meules.- Groupe cou...rage CLSC du Grand Chicoutimi, Chicoutimi- Groupe cou…rage CLSC, Jonquière.- Groupe cou…rage CH, CHSLD, CLSC Ville de la Baie- Halte Drummond, Drummondville.- Interface - Baie des Chaleurs, Paspébiac.- La Gare, St-Jean-Sur-Richelieu.- L’Accord Mauricie Inc. (Service d’aide pour conjoints avec des comportements violents)* Trois-Rivières.- L’autonhommie, Centre de ressources sur la condition masculine, Québec.- L’Entraide pour hommes Vallée du Richelieu Inc, Beloeil.- L’Impact-Rivière Gatineau (Groupe de thérapie pour hommes violents), Maniwaki.- Le cran...d’arrêt (Thérapie de groupe pour hommes violents et impulsifs) Dolbeau-Mistassini.- Le Passeur (Services d’intervention auprès des hommes violents et des hommes en difficulté) Sorel,- Le Seuil de l’Estrie Inc.(Service pour hommes en difficultés de couple ou avec difficultés de violence) Sherbrooke- Le S.H.I.C.(Service pour hommes impulsifs et colériques) La Malbaie-Pointe-au-Pic, - Option (Une alternative à la violence conjugale et familiale) Montréal - Partage au masculin, St-Georges de Beauce- Poing final, Granby- Programme régional d’intervention masculine "Après-coup," Le Moyne - Pro-gam Inc. Montréal - Saharas (Service d’aide aux hommes agresseurs de la Rive-Sud) St-Romuald,- Service d’aide aux personnes ayant des difficultés avec l’agressivité ou la violence,* Sherbrooke- Stop (Groupe d’intervention auprès des hommes violents des Laurentides Inc.) Ste-Agathe-des-Monts- Trajectoires hommes du KRTB, Rivière-du-Loup- Via l’anse, Valleyfield- Vi-Sa-Vi (Vivre sans violence) Service d’intervention auprès des hommes violents, St-Georges-de-Beauce. Et, il y a même l’Association des Ressources intervenant auprès des hommes violents |