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Les femmes d’influence du mois et le rose bonbon |
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Homme d'aujourd'hui |
C'est dans des moments pareils que nous nous sentons privilégiés. Sans frais additionnels, nous passons du singulier au pluriel et nous élargissons notre horizon temporel. En substituant le mois à la semaine nous avons pu élargir notre champs d'investigation des femmes d’influence à trois sphères d’activité - le monde de la politique, du journalisme et le monde universitaire- ce qui ne peut manquer de donner plus de substance à notre chronique. Nous avons aussi repéré notre rose bonbon sans grande difficulté.
Les femmes politiques Mme la ministre de l’Immigration, Yolande James, qui, répondant à une question en Chambre, a déclaré à deux reprises à propos de la jeune femme qui ne voulait pas retirer son niqab : «La madame a été rencontrée ». Note C’est la «petite madame de la CSN» qui va être contente, elle ne sera plus seule dans son groupe (Le Soleil 13 mars 2010 p. 24) Mme la ministre de la Culture et des Communications et de la Condition féminine qui a traité le député péquiste Nicolas Giard de raciste parce qu’il s’était interrogé sur la pertinence du financement gouvernemental d’une vingtaine de garderies «religieuses » (entendons juives et musulmanes). Pourtant, le lendemain le ministre de la famille Tomy Tomassi faisait volte-face et ne reconnaissait plus que la garderie était le prolongement de la famille. (Le Journal de Québec 11 mars 2010 p. 20). Note À croire qu’il était devenu lui-même raciste entretemps. Chose certaine, la ministre des Communications apprenait, par la même occasion, qu’il est parfois indiqué de se la fermer. Après la ministre des Transports; Julie Boulet, qui avait déclaré qu’il était légal pour les entreprises de verser des contributions aux partis politiques – alors que la loi adoptée il y a plus de 30 ans dit le contraire- Mme Nathalie Normandeau, vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles estime qu’il est normal que des maires et ingénieurs de la firme Dassau aient participé à ses soirées de financement alors qu’elle était ministre des Affaires municipales «dans la mesure où ils le font à titre personnel». «Ils ne cherchent pas à se gagner de l’influence ou à obtenir des passe-droits. C’est une façon pour eux de nous donner une petite tape sur l’épaule pour nous dire : on est très, très satisfaits du travail que vous faites » (Le Journal de Québec 9 mars 2010 p.19- Le Soleil p.13). --- . Note Lecteur, sachez que vous n’êtes pas le seul à sentir qu’une poignée vous pousse dans le dos. Jean Charest doit être tellement fier de son Conseil des ministres paritaire, elles brillent tellement qu’elles lui donnent du relief. Autre avantage de la formule, il n’a pas eu ainsi à dire non à ces nombreux députés incompétents qui prétendaient avoir les capacités et l’expérience requises pour assumer les tâches d’un ministre. 00000 Les femmes journalistes Le Président et éditeur du journal Le Soleil doit être, lui aussi, très fier de ses éditorialistes féministes. Brigitte Breton, pour une, ne rate jamais une occasion de défendre «la cause». Le 15 février 2010 (p. 25) Elle écrit : «L’école rend malade ». «On se préoccupe beaucoup du décrochage scolaire au Québec, mais on devrait s'inquiéter tout autant de la piètre sante mentale des enseignants des écoles primaires et secondaires. Les deux problèmes ont des causes communes. Une étude réalisée par une professeure de l'École nationale d'administration publique (ENAP), Nathalie Houlfort, révèle qu'un enseignant sur cinq travaille chaque jour dans un état de détresse psychologique. (…) Les plus cyniques diront que les enseignants exposent leur état d'âme sur la place publique parce qu'ils viennent d'entamer des négociations avec le gouvernement, pour le renouvellement de leur convention collective(…) Or, ce malaise s'exprime et persiste depuis longtemps chez le personnel enseignant. Reforme ou non. En 2006, le ministère de l'Éducation constatait que 15% des enseignants décrochaient de l'école avant de compter cinq années de carrière. Par exemple, l'employeur souhaite une plus grande stabilité chez les enseignants, mais curieusement, il est réticent à réduire le nombre d'élèves par classe ou faciliter l'intégration des élèves en difficulté.» Note Les féministes qui insistent tellement pour féminiser tous les titres d’emplois retrouvent les mérites du masculin quand cela leur convient. La chercheure de l’ÉNAP a, apparemment, omis de dire que les enseignants qui sont en détresse psychologique ont de fortes chances d’’être des enseignantes. En effet, Il y a 10 ans le «personnel enseignant» était composé à plus de 80% d’enseignantes aux deux premiers niveaux et majoritaire au secondaire. Tableau 8.5 Nombre total des enseignants selon le sexe (H) (F) aux niveaux préscolaire, primaire et secondaire, 1990-1995-1999-2000.
« Effectifs des écoles primaires et secondaires » 1984,1988-89, Stat. Can. Catalogue 81 210, Tableau 18 p. 104- « Les statistiques sur l'éducation pour les années soixante-dix » Stat. Can. Catalogue 81 569, Tableau 13, p. 69. Ministère de l'Éducation: « Statistiques de l'éducation; enseignement primaire, secondaire, collégial, universitaire » annuel. Chapitre 8 dans notre ouvrage «L’égalité de fait entre les femmes et les hommes , un piège à cons » En 2008-2009, les hommes ne formaient plus que 22,5 % de l’ensemble du corps professoral (Cyberpresse 7avril 2009; ils ne sont que 14, 700 enseignants). Manifestement, ce sont eux qui décrochent parce qu’ils ne s’y retrouvent plus dans ce monde qui baigne dans les valeurs féminines (violence, tolérance zéro etc.). Il faut être bouché à l’émeri pour ne pas voir que cette forte prépondérance des enseignantes, si sensibles à l’émancipation des filles, ne peut, dans un contexte de mixité, que susciter le décrochage scolaire des garçonsVoir plus basle rose-bonbon) . Ce n’est évidemment pas l’ex-ministre de la Condition féminine, qui trône maintenant à l’Éducation, qui va apporter les correctifs requis. Bravo Jean Charest, votre manque de jugement est aussi constant que désastreux. Étonnamment, Mme Breton ne semble pas avoir pris connaissance d’une étude qui l’aurait amenée à nuancer assez fortement ses propos. «Dans une étude publiée la semaine dernière, les chercheurs Nathalie Dyke et Frédéric Deschenaux constatent avec étonnement que plus de 77 pour cent des professeurs québécois se disent « très satisfaits » au travail. Comme l’Enquête sur le corps professoral québécois (PDF) donne suite à une étude menée en 2006 qui révélait que 29 pour cent des jeunes professeurs quittaient le milieu universitaire dans les cinq années suivant leur embauche, les deux chercheurs s’attendaient à un niveau d’insatisfaction plus élevé ». Bronwyn Chester - Affaires universitaires 17 nov.2008- Il est quand même remarquable qu’à la veille du renouvellement de conventions collectives, les enseignantes sont, tout à coup, en détresse psychologique un peu comme les infirmières qui, elles, sont en épuisement professionnel. Il est bien connu que celles qui occupent ces emplois ont la sympathie de la population et que c’est pour cette raison qu’elles battent la marche des «fronts communs» syndicaux. À la différence, nous ne connaissons pas de catégorie d’emplois dont les membres masculins se plaignent du travail qu’ils font et qui ont la sympathie du public, sans doute parce qu’il n’est pas masculin de geindre.
Élizabeth Fleury, l’autre éditorialiste féministe du Soleil, a profité de la journée de la femme pour mobiliser les troupes car si les «avancées» sont remarquables il y a encore «Du pain sur la planche» (8 mars 2010 p.27). Note En effet, les femmes qui travaillent moins d’heures que les hommes, ont un revenu d’emploi moins élevé que les hommes et çà, c’est de la discrimination systémique. Nous dispensons le lecteur de la prose du Devoir qui, depuis la nomination de Josée Boileau, au poste de rédactrice en chef, n’a pas encore réussi à formuler une seule critique des dérives du féminisme. Cela ne l’empêche pas de se qualifier lui-même de «journal de référence par excellence». 00000 Les femmes universitaires... et Denise Bombardier Le refus d’une femme musulmane de retirer son niqab durant un cours de francisation a suscité une prose abondante et fort émotive dans le milieu universitaire, généralement reconnu pour son discours mesuré. Cet incident a amené plusieurs dizaines de professeurs (dont certains ne résident pas au Québec et dont sont assez actifs dans les causes relatives à la Charte) à signer un manifeste - Manifeste pour un Québec pluraliste- qui préconise une laïcité ouverte, un concept déjà évoqué par la Commission Bouchard–Taylor qui nous semble être bien résumé dans le paragraphe suivant : «La position pluraliste, telle que nous la concevons, n’est ni relativiste ni chartiste. La position que nous défendons est plutôt la suivante : les membres des minorités culturelles et religieuses – excluons de l’analyse la problématique des rapports avec les peuples autochtones, si fondamentale qu’elle mérite une analyse distincte – ne doivent pas être victimes de discrimination ni d’exclusion sur la base de leur différence. De plus, lorsqu’elles sont issues de l’immigration, leur intégration à la société québécoise ne doit pas exiger une assimilation pure et simple. Nous croyons que chacun peut s’intégrer à la société québécoise – c’est-à-dire participer à la vie sociale, politique et économique – en demeurant attaché à des croyances ou à des pratiques qui sont distinctes de celles de la majorité, tant qu’elles ne portent pas atteinte aux droits d’autrui. Par exemple, si l’immigrant doit s’efforcer de s’intégrer à la société d’accueil et doit respecter ses lois et ses institutions, cette dernière doit, en contrepartie, veiller à lever les obstacles à son intégration et valoriser son apport. Le devoir d’adaptation est réciproque. Note Ce que les signataires de ce manifeste ne semblent pas saisir c’est que, sous prétexte que la majorité ne doit pas discriminer contre des communautés culturelles, certains membres de ces dernières exigent un traitement exceptionnel par rapport à des règles qui gouvernent le reste de la population, comme «pouvoir ne pas enseigner le vendredi pour pouvoir prier»,alors qu’il n’y a aucune raison pour que cette société accepte de modifier ces règles. Mais ce que nous reprochons le plus à cette école de pensée est qu’elle place la majorité et la minorité sur un même pied en matière d’adaptation alors que, de tout temps et sous toutes les latitudes, ce sont ceux qui immigrent qui doivent faire les plus grandes concessions par rapport à leurs anciens modes de vie. Après tout rien ne les obligeait à venir ici. En somme, il y a inégalité dans la pratique, le temps que l’intégration se complète et ceux qui ont voyagé un tant soi peu le savent très bien. Mais voilà qu’une universitaire réussit à ébranler notre certitude quant à l’opportunité d’instaurer une laïcité stricte dans la sphère publique, l’État. Gilbert Claes nous a procuré les documents mentionnés ci-après.
Louise
Mailloux Professeure de philosophie
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